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Vitriol (up)

Ce mot aujourd'hui inusité, désignait autrefois l'acide sulfurique et par extension tout dérivé sulfaté (SO42-). Si on en croit l'étymologie classique, vitriol vient du bas latin vitriolum, lui même issu de vitrum, le verre, sans doute à cause de son apparence vitreuse.
Le sens que donnaient les alchimistes à ce mot est beaucoup plus joli :

Visita
Interiora
Terrae
Rectificando
Invenies
Occultum
Lapidem

Quant à savoir laquelle de ces deux étymologies est apparue la première, je vous laisse le soin de le deviner vous-même...



Transfermiens (up)

Un des grands mérites de Mendéléiev aura été de sortir définitivement la chimie de l'impasse philosophique où l'avait menée l'alchimie. Grâce à sa classification bien connue, on a pu séparer définitivement la matière en éléments distincts, eux-mêmes classés en familles et périodes, aux propriétés physico-chimiques similaires.
Son plus grand succès scientifique est venu du fait qu'il a prédit l'existence d'éléments inconnus à son époque mais découverts depuis lors. En 1869, on ne connaissait en fait que 63 éléments. A ce jour, 109 éléments ont reçu un nom officiel, 112 éléments et plus de 2500 isotopes sont connus. Comme vous le constatez, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et dans les laboratoires. Les gaz rares, les terres rares (lanthanides et actinides), les éléments radioactifs, les isotopes sont venus élargir le tableau de famille déjà très touffu.

transfermiens

A chaque nouvelle découverte, s'est posé le problème du nom qu'on allait donner à l'élément. Ainsi la Mythologie (tantale, mercure, uranium...), la géographie (cuivre, francium, europium, californium...), la couleur de l'élément (chrome, rubidium, ruthénium...), le nom de son découvreur, sont autant de mines inépuisables pour nommer un élément.
Il est alors intéressant de voir les correspondances éventuelles entre le nom et l'époque à laquelle a été découvert le nouvel élément. Il est presque toujours le reflet de la science, des savants et des évènements qui marquaient le temps de son baptême. Mieux encore : rancoeurs, nationalismes, guerres... transparaissent également dans l'étymologie !

Les anecdotes ne manquent pas à ce sujet mais je ne vous en raconterai que deux.

Entente franco-allemande
La case laissée vide par Mendéléiev sous l'aluminium est remplie seulement six ans plus tard par un chimiste français au doux nom de Lecoq de Boisbaudran, qui baptise le fruit de sa recherche du nom de gallium (coq se dit gallus en latin). Dix ans et une guerre plus tard, c'est un allemand qui isole le voisin du gallium dans la classification (dont l'existence avait également été prévue par Mendéléiev). Winkler, c'était son nom, pour s'opposer à ce qu'il croyait être du nationalisme, nomme sa découverte germanium, en l'honneur de sa patrie. Encore un qui n'avait rien compris.

Entente américano-soviétique
La guerre froide a bien évidemment laissé sa trace dans la table. Les transfermiens, c'est à dire les éléments situés au-delà du fermium (Z=100) et que les chimistes (en fait les Américains, les Russes et les Allemands) ont commencé à synthétiser après la seconde Guerre Mondiale, ont en effet une histoire particulièrement mouvementée pour ce qui est de leur paternité et donc de leur étymologie.
Pendant vingt-cinq ans, les Russes et les Américains se sont contesté l'antériorité de leurs découvertes, chacun se donnant le droit de nommer sa découverte comme il l'entendait. Les soviétiques appelaient l'élément 104 Kurtchatovium (Ku) et l'élément 105 Nielsbohrium (Ns), alors que les américains les nommaient respectivement Rutherfordium (Rf) et Hahnium (Ha). Que de tergiversations pour si peu, me direz-vous... Ces combats de clochers paraissent encore plus ridicules lorsqu'on sait que la durée de vie des transfermiens est au mieux de quelques millisecondes et qu'on en fabrique qu'un atome à la fois !
De toute façon, ques millisecondes et qu'on en fabrique qu'un atome à la fois ! De toute façon, vous n'êtes pas près de voir une bague en Unununium (pourtant de la même famille que l'or) !!!

Je vous rapporte ici l'état actuel des choses, c'est à dire la nomenclature adoptée par l'IUPAC (International Union of Pure and Applied Chemistry) lors de son dernier congrès le 30 août 1997, qui règle définitivement (on l'espère) le problèmes des transfermiens. Cet organisme fait en effet référence en matière de normalisation en chimie dans le monde depuis presque un siècle.
Je vous indique pour chaque élément, son numéro atomique, sa structure électronique, son symbole et l'année de sa découverte.

  • La première ligne présente les quatre derniers actinides. On n'y trouve que des noms de physiciens ou de chimistes dont celui — enfin honoré — de notre grand chimiste. Leur découverte eut lieu à Berkley en Californie dans les labos de Ghiorso, Seaborg et Latimer.

    100
    (Rn)
    5f126d07s2

    Fm

    Fermium

    101
    (Rn)
    5f136d07s2

    Md

    Mendélévium

    102
    (Rn)
    5f146d07s2

    No

    Nobélium

    103
    (Rn)
    5f146d17s2

    Lr

    Lawrencium

    • Fermium (de Enrico Fermi, inventeur de la pile atomique)
    • Mendélévium (de Dimitri Ivanovitch Mendéléiev qu'on ne présente plus)
    • Nobélium (de Alfred Nobel, inventeur de la dynamite)
    • Lawrencium (de Ernest Lawrence, inventeur du synchrotron)
  • La seconde correspond aux six éléments de transition. Les trois premiers furent découvert à l'IRN de Dubna en ex-URSS, les six suivant au Laboratoire de recherche de Darmstadt en Allemagne.

    104
    (Rn)
    5f146d27s2

    Rf

    Rutherfordium

    105
    (Rn)
    5f146d37s2

    Db

    Dubnium

    106
    (Rn)
    5f146d47s2

    Sg

    Seaborgium

    107
    (Rn)
    5f146d57s2

    Bh

    Bohrium

    108
    (Rn)
    5f146d67s2

    Hs

    Hassium

    Kourtchatovium Ku
    Dubnium Db
    Hahnium Hn, Ha
    Joliotium Jl
    Rutherfordium Rf
    Alvarezium Az
    Nielsbohrium Ns
    Hahnium Hn, Ha

    109
    (Rn)
    5f146d77s2

    Mt

    Meitnerium

    110
    (Rn)
    5f146d87s2

    Ds

    Darmstadtium

    111
    (Rn)
    5f146d97s2

    Uuu

    Unununium

    112
    (Rn)
    5f146d107s2

    Uub

    Ununbium


    • Rutherfordium (de Ernest Rutherford, découvreur du noyau atomique)
    • Dubnium (de Dubna, ville où se trouve le laboratoire)
    • Seaborgium (de Glenn Seaborg, physicien américain qui a découvert le plutoniuum).
    • Bohrium (de Niels Bohr, physicien danois auteur du modèle planétaire de l'atome)
    • Hassium (de Odd Hassel, physicien norvégien prix Nobel 1969)
    • Meitnerium (de Lise Meitner, physicienne autrichienne qui a découvert la fission nucléaire)
    • Pour Uun, Uuu, UUub, découvert il y a peu, les discussions concernant le choix des noms ont déjà commencé. Le français Joliot-Curie (Joliotium, Jl) l'allemand Otto Hahn (Hahnium, Hn) et l'américain Alvarez (Alvarezium, Az) sont déjà favoris.
  • La troisième comporte les éléments non découverts à ce jour mais qui pourraient l'être très bientôt. Leurs noms provisoires en latin ont l'avantage de mettre tout le monde d'accord.

113
(Rn)
5f146d107s27p1

Uut

Ununtrium

114
(Rn)
5f146d107s27p2

Uuq

Ununquadium

115
(Rn)
5f146d107s27p3

Uup

Ununpentium

116
(Rn)
5f146d107s27p4

Uuh

Ununhexium

117
(Rn)
5f146d107s27p5

Uus

Ununseptium

118
(Rn)
5f146d107s27p6

Uuo

Ununoctium


La théorie prédit une meilleure stabilité de l'élément 114, espoir pour les expérimentateurs qui pourraient ainsi mieux étudier les propriétés des transfermiens.

Pour plus d'informations :

http://www.iupac.org

© Cet article que j'avais écrit pour Virus a paru en juin 1998



Nouvel élément chimique ! (up)

Elément 100

NOM : Femme
SYMBOLE : Fm
DECOUVREUR : Adam
MASSE ATOMIQUE : Acceptable à 60 kg mais des isotopes connus de 40 à 250 kg
OCCURRENCE : Très abondant de par le monde
PROPRIETES PHYSIQUES : Solide à 298 K et 1 bar, fond lors d'un traitement particulier, entre en ébullition pour un rien et gèle sans raison. Conductivité thermique : faible surtout aux extrémités inférieures. Coefficient de dilatation : augmente avec les années. Cède aux pressions appliquées aux points sensibles
PROPRIETES CHIMIQUES : Très grande affinité pour l'or, l'argent, le platine et tous les métaux nobles. Absorbe de grandes quantités de substances onéreuses. Peut exploser spontanément sans avertissement. Insoluble dans les liquides mais une activité grandement augmentée par saturation dans l'alcool. Réactivité très variable selon les périodes de la journée. Grande aptitude aux changements d'humeur et à la jalousie
UTILISATIONS COURANTES : Hautement décorative surtout dans les voitures de sport. Puissant agent nettoyant. Aide efficace pour la relaxation et la détente
TEST : Tourne au vert si placée à côté d'un spécimen de meilleure qualité
PRECAUTIONS D'EMPLOI : Hautement dangereuse si placée entre des mains non expertes. Il est illégal d'en posséder plus d'un spécimen, mais il est possible d'en entretenir plusieurs à des endroits différents tant que les différents spécimens n'entrent pas en contact. :))



Curiosités (up)

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